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biotechnologie

Articles avec #info science tag

La découverte des bactériophages à 100 ans

Rédigé par Mr Magniez Publié dans #info science

En 1917, Félix d'Hérelle, chercheur à l'Institut Pasteur de Paris, observa un phénomène étrange : des agents qui détruisaient les bactéries ! Il leur donna le nom de bactériophages, ou « mangeurs de bactéries ». 100 ans plus tard, les bactériophages reviennent dans l'actualité scientifique, à cause de la montée des résistances aux antibiotiques. La phagothérapie, qui consiste à utiliser des phages contre les infections bactériennes, apparaît comme une piste prometteuse contre les superbactéries.

  • Félix d'Hérelle a mis en évidence le bactériophage, ce virus mangeur de bactéries, en 1917 à l'Institut Pasteur de Paris.
  • Il soigna pour la première fois un patient en 1919 en utilisant des phages.
  • L'utilisation de phages (phagothérapie) pourrait apporter aujourd'hui une alternative aux antibiotiques.

Méconnu du grand public, Félix d’Hérelle (1873-1949) est un scientifique étonnant. Autodidacte, il est à l'origine d'une découverte majeure en microbiologie. C'est en Amérique du sud qu'il apprit les bases de la microbiologie, après avoir déjà connu des expériences professionnelles variées, dans la fabrication du whisky ou du chocolat.

Ses premiers travaux scientifiques visaient à lutter contre les invasions de sauterelles, ce qui lui permit de se faire connaître de la communauté scientifique. Au Mexique, il isola l'agent infectieux de l'entérite des sauterelles. À partir de 1911, il rejoignit l'Institut Pasteur de Paris. Six ans plus tard, en 1917, il montra dans ses tubes que quelque chose pouvait détruire les bactéries. En Angleterre, en 1915, Frederick Twort fit des observations similaires et mit lui aussi en évidence un agent qui dissolvait les bactéries.

Mais c'est bien à Félix d'Hérelle que l'on doit le terme de « bactériophage », pour nommer l'agent qui tuait les bactéries. Il faudra attendre plus de 20 ans pour que les bactériophages soient observés pour la première fois avec un microscope. Le génie de Félix d'Hérelle ne s'arrête pas là. Car il comprit très vite que sa découverte pouvait apporter beaucoup à la médecine pour combattre des infections bactériennes. En 1919, il soigna pour la première fois un patient atteint de dysenterie en utilisant des phages : la phagothérapie était née.

Portrait de Félix d’Hérelle vers 1905, photothèque de l’Institut Pasteur. © Wikipedia, domaine public.

La phagothérapie, une arme contre les bactéries multirésistantes

À l'Institut Pasteur, Félix d'Hérelle ne faisait pas l'unanimité. Il quitta la France et parcourut le monde pour appliquer la phagothérapie sur le terrain, là où sévissaient la peste et le choléra : en Indochine, en Égypte, en Inde... Professeur à l'université de Yale aux États-Unis, il fut plusieurs fois cité au prix Nobel sans jamais l'obtenir.

 

La vie d'aventurier de Félix d'Hérelle a inspiré un écrivain, Sinclair Lewis, pour son roman Arrowsmith, publié en 1925, et porté à l'écran en 1931 dans le film du même nom. Le héros, Martin Arrowsmith, est un simple médecin qui gravit les échelons pour devenir un chercheur renommé qui combat la peste en Inde.

Avec l'avènement des antibiotiques, la phagothérapie a perdu du terrain. Aujourd'hui, elle n'est pas autorisée en France. Mais de nombreux chercheurs s'y intéressent en raison du nombre croissant de bactéries multirésistantes aux antibiotiques. Récemment, deux patients souffrant d'une infection ostéo-articulaire ont ainsi été soignés par phagothérapie à Lyon. Cette expérimentation avait fait l'objet d'une autorisation temporaire d'utilisation.

La phagothérapie est toujours pratiquée dans certains pays, notamment en Géorgie, à Tbilissi. C'est là que Georgiy Eliava, disciple et ami de Félix d'Hérelle, fonda l'institut de phagothérapie qui est aujourd'hui un centre de référence mondialement reconnu.

 

Source: http://www.futura-sciences.com

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Une nouvelle piste pour lutter contre la leucémie 14/12/2012

Publié dans #info science

"Tout est bien qui pourrait se finir bien. Emma, du haut de ses 7 ans, a attendri l’Amérique. Touchée par une leucémie aiguë lymphoblastique, la forme la plus fréquente du cancer du sang chez l’enfant, elle a frôlé la mort quand les deux chimiothérapies testées se sont révélées inopérantes. Dans son malheur, elle a malgré tout eu de la chance. L’université de Pennsylvannie entamait un essai clinique pour tester une nouvelle stratégie contre cette maladie.

Intégrée dans un protocole qui concerne douze personnes, elle fait aujourd’hui partie des neuf patients en rémission. Chez eux, on ne décèle plus aucune trace de cellules cancéreuses. Les risques de récidive sont toujours présents, alors les médecins ne parlent pas encore de guérison et préfèrent laisser passer 5 années avant de sortir le mot. Mais une grande partie du chemin est déjà réalisée !

Le VIH pour reprogrammer les lymphocytes T

Ce nouveau procédé, nommé CTL019, a été décrit lors du congrès annuel de l’American Society of Hematology, qui s’est tenu du 8 au 11 décembre à Atlanta. Il consiste en une thérapie génique capable de diriger les cellules du système immunitaire contre les cellules tumorales afin de débarrasser le patient de son cancer. Une prouesse car en temps normal, les lymphocytes T (LT), qui régentent les défenses de l’organisme, épargnent les cellules malades (dans ce cas, des lymphocytes B non différenciés).

Pour procéder, on filtre les LT depuis un échantillon sanguin. On y intègre alors une version inoffensive du VIH, portant des gènes qui vont s’insérer dans le patrimoine génétique de ces cellules du système immunitaire. Ainsi, elles sont reprogrammées pour reconnaître et éliminer ces lymphocytes B (LB) qui s’accumulent.

Après réinjection chez le patients, ces LT particuliers, appelés LT CAR, deviennent des tueurs très actifs. Leur activité est maximale entre les 10e et 31e jours après perfusion. Au-delà de leur pouvoir meurtrier intrinsèque, ils stimulent les autres LT de l’organisme par l’intermédiaire de molécules appelées cytokines, provoquant ainsi une véritable ruée du système immunitaire contre les cellules cancéreuses.

Des effets secondaires du protocole CTL019 à contrecarrer

Cette activation extrême des défenses du patient entraîne de lourds effets secondaires : forte fièvre, nausées, chute de tension, etc. La violence des symptômes a poussé les médecins à réagir : les patients ont reçu deux médicaments immunomodulateurs, régulant la réponse immunitaire sans pour autant abaisser la mortalité des cellules leucémiques.

Ce n’est pas la seule conséquence négative de cette thérapie. Les LT CAR manquent de sélectivité et s’attaquent aussi aux LB sains. Ces cellules contribuent également à l’armada de défense d’un organisme en produisant notamment des immunoglobulines (les fameux anticorps) qui reconnaissent les corps étrangers. De ce fait, les médecins ont injecté ces immunoglobulines aux patients tous les deux à trois mois de manière à ne pas les rendre trop sensibles aux infections.

CTL019, le futur traitement de la leucémie ?

Deux des patients en rémission le sont depuis deux ans et présentent encore dans leur sang des LT renforcés. L’effet protecteur s’étalerait donc sur la durée, limitant ainsi les risques de récidive, toujours présents dans ce genre de maladie. Une telle technique pourrait donc limiter les besoins de greffe de moelle osseuse, transplantation lourde et dangereuse nécessaire à la survie de certains patients.

Pour valider le procédé CTL019, l’essai clinique devra intégrer de nouveaux participants de manière à chiffrer plus précisément les risques et l’efficacité. À raison de 20.000 dollars (plus de 15.000 euros) par personne à l’heure actuelle, cette thérapie, qui concerne peu de patients, reste tout à fait crédible. Les auteurs espèrent qu’elle sera validée d’ici cinq ans environ. Cependant, il ne faudrait pas que le drame de 2010 se reproduise : une femme de 39 ans bénéficiant de ce traitement en serait morte…".

Source: Futura-Santé

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L'OGM se révèle toxique voir mortel 20/09/2012

Publié dans #info science

"Des chercheurs français ont étudié secrètement, pendant deux ans, 200 rats nourris au maïs transgénique. Tumeurs, pathologies lourdes… une hécatombe. Et une bombe pour l'industrie OGM.

C’est une véritable bombe que lance, ce 19 septembre à 15 heures, la très sérieuse revue américaine "Food and Chemical Toxicology" - une référence en matière de toxicologie alimentaire - en publiant les résultats de l’expérimentation menée par l’équipe du français Gilles-Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire à l'université de Caen. Une bombe à fragmentation : scientifique, sanitaire, politique et industrielle. Elle pulvérise en effet une vérité officielle : l’innocuité du maïs génétiquement modifié.

Lourdement toxique et souvent mortel

Même à faible dose, l’OGM étudié se révèle lourdement toxique et souvent mortel pour des rats. A tel point que, s’il s’agissait d’un médicament, il devrait être suspendu séance tenante dans l’attente de nouvelles investigations. Car c’est ce même OGM que l’on retrouve dans nos assiettes, à travers la viande, les œufs ou le lait. 

En 2006, c’est comme un véritable thriller que commence cette recherche, dont le maître d’œuvre, Gilles-Eric Séralini, divulgue lui-même les conclusions dans un ouvrage à paraître la semaine prochaine ("Tous cobayes !", Flammarion, en librairie le 26 septembre).

Nom de code In Vivo

Jusqu’en 2011, les chercheurs ont travaillé dans des conditions de quasi-clandestinité. Ils ont crypté leurs courriels comme au Pentagone, se sont interdit toute discussion téléphonique et ont même lancé une étude leurre tant ils craignaient un coup de Jarnac des multinationales de la semence.

Le récit de l’opération – nom de code In Vivo - évoque la très difficile récupération de semences de maïs OGM NK 603, propriété brevetée de Monsanto, par le truchement d’un lycée agricole canadien. Puis la récolte et le rapatriement des "gros sacs de jute" sur le port du Havre fin 2007, avant la fabrication de croquettes dans le secret le plus total et la sélection de deux cents rats de laboratoires dits "Sprague Dawley". Bilan ? Glaçant : "Après moins d’un an de menus différenciés au maïs OGM, confie le professeur Séralini, c’était une hécatombe parmi nos rats, dont je n’avais pas imaginé l’ampleur".

Pathologies lourdes, tumeurs mammaires

Tous les groupes de rats, qu’ils soient nourris avec le maïs OGM traité ou non au Roundup, l'herbicide de Monsanto, ou encore alimentés avec une eau contenant de faibles doses d’herbicide présent dans les champs OGM, sont frappés par une multitude de pathologies lourdes au 13e mois de l’expérience. Chez les femelles, cela se manifeste par des explosions en chaine de tumeurs mammaires qui atteignent parfois jusqu’à 25% de leur poids. Chez les mâles, ce sont les organes dépurateurs, le foie et les reins, qui sont atteints d’anomalies marquées ou sévères. Avec une fréquence deux à cinq fois plus importante que pour les rongeurs nourris au maïs sans OGM. 

Comparaison implacable : les rats OGM déclenchent donc de deux à trois fois plus de tumeurs que les rats non OGM quel que soit leur sexe. Au début du 24° mois, c’est-à-dire à la fin de leur vie, de 50% à 80% des femelles OGM sont touchées contre seulement 30% chez les non-OGM.

Surtout, les tumeurs surviennent nettement plus vite chez les rats OGM : vingt mois plus tôt chez les mâles, trois mois plus tôt chez les femelles. Pour un animal qui bénéficie de deux ans d’espérance de vie, l’écart est considérable. A titre de comparaison, un an pour un rongeur, c’est à peu près l’équivalent d’une quarantaine d’années pour un homme…

 

Exiger des comptes

C’est forte de ces conclusions queCorinne Lepage, dans un livre qui paraît vendredi 21 septembre ("La vérité sur les OGM, c’est notre affaire", Editions Charles Léopold Mayer), entend bien exiger des comptes auprès des politiques et des experts, français et européens, des agences sanitaires et de la Commission de Bruxelles, qui se sont si longtemps opposés et par tous les moyens au principe d’une étude de longue durée sur l'impact physiologique des OGM.

Cette bataille, l’ex-ministre de l’Ecologie et première vice-présidente de la commission Environnement, Santé publique et Sécurité alimentaire à Strasbourg, la mène depuis quinze ans au sein du Criigen (Comité de Recherche et d’Information indépendantes sur le Génie génétique) avec Joël Spiroux et Gilles-Eric Séralini. Une simple association 1901 qui a pourtant été capable de réunir de bout en bout les fonds de cette recherche (3,2 millions d’euros) que ni l’Inra, ni le CNRS, ni aucun organisme public n’avaient jugé judicieux d’entreprendre.

Une étude financée par Auchan et Carrefour

Comment ? Autre surprise : en sollicitant la Fondation suisse Charles Léopold Mayer. Mais aussi les patrons de la grande distribution (Carrefour, Auchan..), qui se sont réunis pour l'occasion en association. Depuis la vache folle, ces derniers veulent en effet se prémunir de tout nouveau scandale alimentaire. A tel point que c’est Gérard Mulliez, fondateur du groupe Auchan, qui a débloqué les premiers financements.

L’étude du professeur Séralini laisse donc présager une nouvelle guerre meurtrière entre pro et anti-OGM. Les agences sanitaires exigeront-elles de toute urgence des études analogues pour vérifier les conclusions des scientifiques français ? Ce serait bien le moins. Monsanto, la plus grande firme mondiale de semences transgéniques, laissera-t-elle faire ? Peu probable : sa survie serait en jeu. Pour une seule plante OGM, il y a une centaine de variétés. Ce qui impliquerait au moins une dizaine d'études de 100 à 150 millions d’euros chacune !

Le temps de la vérité

Sauf que, dans cette nouvelle confrontation, le débat ne pourra plus s’enliser comme par le passé. Dés le 26 septembre, chacun pourra voir au cinéma le film choc de Jean-Paul Jaud, "Tous Cobayes ?", adapté du livre de Gilles-Eric Séralini, et les terribles images des rats étouffant dans leurs tumeurs. Des images qui vont faire le tour de la planète et d’internet, puisqu'elles seront diffusées sur Canal+ (au "Grand Journal" du 19 septembre) et sur France 5 (le 16 octobre dans un documentaire). Pour les OGM, l’ère du doute s’achève. Le temps de la vérité commence."

 

 

Source: Nouvel Observateur du 20 septembre 2012

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Origine de la bactérie tueuse 06/06/2011

Publié dans #info science

"La bactérie E.coli impliquée dans l'épidémie allemande serait une souche nouvelle, un hybride encore jamais rencontré, révèlent les premiers résultats du séquençage génétique. La source de l'infection demeure inconnue: les autorités allemandes remontent la piste du haricot mungo, cultivé en Allemagne.

 

La bactérie impliquée dans l’épidémie de diarrhées hémorragiques et de SHU en Allemagne n’est pas une parfaite inconnue mais possèderait des caractéristiques nouvelles. Elle serait le fruit d’une combinaison entre des types différents d’Escherichia coli, selon les deux groupes qui ont commencé le séquençage de la bactérie isolée chez des patients en Allemagne. L’Université de Hambourg-Eppendorf travaille avec l’Institut de génomique BGI-Shenzhen en Chine et l’hôpital de Münster avec la société californienne Life Genomics.

Reprenons : il s’agit d’une bactérie Escherichia coli, productrice de toxines Shiga et provoquant des diarrhées hémorragiques –on parle donc d’E. coli entéro-hémorragique, ou ECEH. A l’intérieur de ce groupe de bactéries ECEH, les biologistes créent des sous-groupes d’après les réactions immunitaires que provoquent ces microbes (leurs antigènes déclenchant la production d’anticorps spécifiques par l’organisme humain). On parle alors de sérotype. O157 :H7 est le sérotype le plus fréquemment rencontré dans les flambées épidémiques liées à l’alimentation.

La souche isolée dans le nord de l’Allemagne appartient au sérotype O104. Elle n’a jamais été impliquée dans une épidémie. Etonnamment, cette souche aurait 93% de séquences génétiques en commun avec une autre E. coli, isolée en République de Centre-Afrique, EAEC 55989. Cette dernière appartient au groupe des Escherichia coli entéro-agrégatifs (EAEC ou ECEAgg en français) : il s’agit de souches provoquant des diarrhées persistantes chez les enfants (plus de deux semaines), de plus en plus fréquentes dans les pays en développement.

Life Genomics estime également qu’il s’agit d’une souche hybride entre une ECEH et une ECEAgg, une « combinaison unique de différents facteurs de virulence ».

Echange d'ADN entre bactéries

La souche aurait par ailleurs acquis des gènes impliqués dans le syndrome hémolytique et urémique (SHU), une évolution de l’infection par une bactérie EHEC qui touche entre 10 et 20% des patients en Allemagne depuis le mois de mai (520 cas de SHU dont 11 morts ont été recensés à cette date par l’Institut Robert Koch, plus un décès en Suède). Ces gènes auraient été acquis par transfert horizontal, d’après le BGI. Il est en effet bien connu que les bactéries peuvent acquérir de nouveaux gènes de deux façons : verticalement lors de la division des cellules et horizontalement par échanges avec d’autres souches. C’est ainsi que les gènes de résistances aux antibiotiques se diffusent dans les populations bactériennes.

Le séquençage confirme que la mystérieuse souche est résistante à plusieurs antibiotiques (ce qui signifie que leur efficacité est diminuée) : les aminosides (streptomycine, gentamicine…), les macrolides et les bêta-lactamines (pénicillines et céphalosporine). Cependant au stade du SHU, les antibiotiques ne servent plus à rien pour soigner le malade, qui souffre alors d’atteintes rénales et d’anémie, voire de complications neurologiques

Origine inconnue

Ces analyses sont préliminaires, d’autres résultats plus fouillés seront publiés ultérieurement. Pour le moment elles ne permettent pas de répondre à une question cruciale : d’où vient cette bactérie ? Si l’alimentation, en particulier les légumes crus, semblent être au cœur de l’épidémie, rien n’est tranché. Le concombre d’origine espagnole a été innocenté (la souche bactérienne n’était pas la même).

Les soupçons se portent désormais sur une ferme cultivant du haricot mungo, plus connu sous sa forme germée improprement appelée "pousses de soja". Une exploitation agricole de Uelzen (Basse-Saxe) pourrait être une source de contamination par la bactérie O104:H4. Les analyses sont en cours, les conclusions devraient être connues mardi.

La bactérie emprunte peut-être un autre chemin pour infecter l’être humain. Ainsi, Flemming Scheutz, responsable du centre de référence des Escherichia pour l’OMS à Copenhague, souligne sur le site de la revue Nature que la souche n’a jamais été observée chez l’animal. « Il est possible qu’elle soit passée directement à l’homme depuis l’environnement » suggère-t-il."

 

Source:

Cécile Dumas
Sciences et Avenir.fr

03/06/11
actualisé le 06/06/11

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Anniversaire de la découverte des rayons X (08/10/2010)

Publié dans #info science

Le 8 novembre 1895, alors  qu'il manipule un tube cathodique, le physicien  allemand Wilhem Röntgen met à jour l'existence de rayons électromagnétiques capables de laisser une trace visuelle sur une plaque photographique. Ne sachant pas les nommer, il les baptise "rayons X" avec le X comme l'inconnue en mathématiques. Il reçoit le premier prix Nobel en physique, en 1901.

Les rayons X sont constitués de photons dont la longueur d'onde est comprise approximativement entre 5 picomètres (5 10-12 m) et 10 nanomètres 10 10-9 m).


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Robert G. Edwards père de la fécondation in vitro 04/10/2010

Publié dans #info science

"C’est un pionnier de la procréation médicalement assistée qui est récompensé cette année par le prix Nobel de médecine : Robert Edwards a développé la fécondation in vitro et permis la naissance du premier bébé éprouvette en 1978.

L’assemblée des Nobels de l'Institut Karolinska de Stockholm, en Suède, a décerné le prix Nobel de médecine et de physiologie 2010 au biologiste britannique Robert G. Edwards pour la mise au point de la fécondation in vitro (FIV) chez l’être humain. Ses travaux ont permis le développement de la procréation médicalement assistée, outil révolutionnaire pour lutter contre l’infertilité des couples. Environ quatre millions de personnes sont nées grâce à la FIV en trente ans, précise l’Institut Karolinska.

Robert Edwards, né en 1925 à Manchester, en Angleterre, a commencé ses recherches sur la fécondation humaine dès les années 50. C’est en 1969 qu’il réussit pour la première fois à féconder un ovule humain en laboratoire, non pas dans une éprouvette d’ailleurs mais dans une boîte de Pétri. Cependant ces premières fécondations ne permettaient pas d’aller au-delà d’une simple division cellulaire.

Associé au gynécologue Patrick Steptoe (décédé en 1988), Edwards a poursuivi ses recherches pour déterminer à quel stade il fallait prélever l’ovocyte pour obtenir les meilleures chances de fécondation in vitro. Ces efforts furent récompensés le 25 juillet 1978 avec la naissance de Louise Brown, désormais célèbre pour avoir été le premier bébé éprouvette. La médecine avait alors les moyens de réaliser la rencontre entre l'ovule et le spermatozoïde lorsque la nature n'y parvenait pas.

En France, c’est dans le service du Pr René Frydman, à l'hôpital Antoine Béclère de Clamart (92), que naît le premier bébé éprouvette, Amandine, en février 1982. Cette révolution médicale a soulevé de nombreuses oppositions et déclenché une réflexion sur le bien-fondé des recherches sur l’embryon humain.

Fait notable en France : le 23 février 1983, un an pile après la naissance d’Amandine, le Comité national consultatif d’éthique est créé par décret. Depuis, c’est lui qui est chargé d’encadré l’application de la procréation médicalement assistée, qui ne cesse de progresser, posant de nouvelles questions, comme avec le diagnostic préimplantatoire qui permet de dépister des maladies avant d’implanter l’embryon.

Robert Edwards, âgé de 85 ans, n’est pas en très bonne santé et ne peut pas répondre aux interviews, a précisé l’un des membres de l’assemblée des Nobels. «J’ai parlé à sa femme et elle était ravie, a expliqué Goran Hansson. Elle était sûre qu’il serait lui aussi ravi»."

 
source: Cécile Dumas
Sciences et Avenir.fr

04/10/10

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La génétique au secours des malades atteints du bégaiement le 22 février 2010

Publié dans #info science

«Pendant des siècles, les causes de cette «boiterie» de la parole sont restées mystérieuses. Des scientifiques américains lèvent une partie du voile en identifiant pour la première fois trois gènes associés au bégaiement. Leurs travaux, dirigés par Dennis Drayna (instituts nationaux de la santé, Bethesda), ont été publiés la semaine dernière dans le New England Journale of Medicine.Même si elle ne concerne qu'une minorité des cas, cette susceptibilité génétique bat en brèche la théorie assez répandue de l'origine psychologique de ce trouble de la communication.(...) C'est l'existence de nombreux cas familiaux qui a mis la puce à l'oreille des généticiens. Il y a quelques années, en se penchant sur 46 familles pakistanaises consanguines fortement touchées, Dennis Drayna avait suggéré des anomalies sur le chromosome 12. Dans cette nouvelle phase, le chercheur a poussé les analyses génétiques sur cette population, mais aussi sur un groupe de sujets bègues non consanguins et des témoins. Il a ainsi identifié des mutations sur trois gènes (GNTPAB, GNPTG et NAGPA) portés par le chromosome 12, chez 5 à 10 % des personnes bègues.

Ces découvertes sont d'autant plus surprenantes que les trois gènes en question gouvernent le métabolisme des lysosomes, des petits organites qui sont en quelque sorte l'estomac des cellules, leur permettant de digérer les molécules pour mieux les recycler. Jusqu'ici, des mutations sur cette famille de gènes n'avaient été associées qu'à des maladies rares, les mucolipidoses. «Les résultats de cette équipe américaine sont très inattendus, mais le fait que les anomalies décrites portent sur une même voie métabolique leur donne du poids  », estime le Pr Thierry Levade (biologiste au CHU de Toulouse), dont le laboratoire est le seul en France à faire le diagnostic moléculaire des mucolipidoses. Jusqu'ici, à sa connaissance, il n'a pas été décrit de bégaiement systématique chez les enfants atteints de mucolipidose ; ni même chez leurs parents, porteurs d'une mutation mais non malades. «Il faudrait étudier l'impact biologique des mutations qui viennent d'être identifiées, car pour l'instant, il manque un maillon entre ces anomalies génétiques et les symptômes», note encore le Pr Levade.

«On sort enfin de l'obscurantisme  », se réjouit le Dr Marie-Claude Monfrais-Pfauwadel, phoniatre à Paris. Selon cette spécialiste du bégaiement, il existe de nets progrès ces dernières années dans ce domaine, grâce aux études génétiques et en neuro-imagerie. Un excès de production de dopamine au niveau cérébral a ainsi été mis en évidence chez des personnes bègues. «Nous progressons beaucoup dans l'identification des différents types de bégaiements, continue le Dr Monfrais-Pfauwadel. À terme, cette démarche permettra de préciser des sous-groupes susceptibles de répondre à certains traitements.  » Le plus souvent, le trouble de la parole est associé à d'autres signes : déficit de l'attention, tics ou encore troubles de coordination. Il n'apparaîtrait de manière isolée que dans 20 % des cas. «Dans cinq ans, on y verra plus clair, mais je reste fidèle à la théorie psychogène», assure le Dr Jean Marvaud, psychiatre à Bordeaux et président de l'association Parole-Bégaiement.

Malgré le handicap parfois considérable que le bégaiement constitue pour elles dans la vie sociale et professionnelle, la plupart des personnes bègues ne consultent pas. Pour les autres, la prise en charge se fait le plus souvent par des techniques de rééducation spécialisée mises en œuvre par des orthophonistes, plus rarement des phoniatres. Exceptionnellement, des psychiatres sont sollicités. «Peu de ces professionnels sont réellement spécialisés dans le bégaiement  », regrette le Dr Monfrais-Pfauwadel.

Myorelaxants, antidépresseurs, voire anti­psychotiques… des médicaments sont proposés dans certains cas, selon les symptômes associés et la gravité. Beaucoup attendent avec impatience les résultats d'un vaste essai américain avec le pagoclone, une molécule originale initialement pressentie comme anxiolytique. S'il est commercialisé, ce sera le premier médicament destiné explicitement au bégaiement. Le Dr Monfrais-Pfauwadel prévient toutefois ses patients que la prise en charge va les aider à mieux parler, mieux gérer leurs difficultés et mieux les accepter, mais pas forcément les guérir.»


Le figaro, par Sandrine Cabut le 22/02/2010

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Une maladie du cerveau traitée par thérapie génique 06/11/2009

Publié dans #info science

« Le professeur Patrick Aubourg, directeur d’une unité de recherche à l’INSERM et médecin à l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul, à Paris, dans le service du Pr Pierre Bougnères, a voué une grande partie de sa vie à une maladie génétique rare, l’adrénoleucodystrophie. (…) Il vient en effet, avec le Dr Nathalie Cartier-Lacave qui travaille avec lui à l’unité 745 de l’INSERM et bien d’autres collaborateurs, d’obtenir des résultats très encourageants pour trois enfants malades soignés avec succès par une thérapie génique leur transférant le gène normal qui leur manquait. Aujourd’hui, la prestigieuse revue américaine Science publie le détail précis des résultats obtenus pour les deux premiers patients ainsi traités. Ses travaux ouvrent la voie de la guérison pour tous les enfants affectés par ce mal terrible, pour peu qu’ils soient pris en charge précocement (…) »."

Lefigaro.fr  , par Martine Perez le 06/11/2009

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La nicotianamine: piége à métaux lourd (03/09/2009)

Publié dans #info science

"Le mécanisme d’action d’une enzyme végétale responsable de la synthèse de la nicotianamine vient d'être dévoilé. Cette molécule est capable de fixer les métaux lourds, des polluants répandus qui peuvent contaminer les sols et qui constituent de fait un véritable problème environnemental. Ces résultats, obtenus par des chercheurs de l’UMR6191 (CEA/CNRS/Univ Aix-Marseille2) de l’Institut de biologie environnementale et de biotechnologie (Cadarache) et de l’INRA (Montpellier), sont publiés en ligne par la revue "Proceedings of the National Academy of Sciences of USA". Ils pourraient permettre une optimisation du développement de capteurs biologiques de métaux lourds par les plantes et constituer un nouvel outil de dépollution des sols.

Petite molécule largement présente chez les plantes, la nicotianamine (NA) est impliquée dans la régulation des concentrations de nombreux métaux essentiels tels que le fer, le zinc et le cuivre. Elle joue un rôle important dans le chargement, la mobilisation et la distribution de la forme ionique de ces métaux dans les différentes parties de la plante. NA est synthétisée par la nicotianamine synthase (NAS), une enzyme de plante extrêmement difficile à produire et à purifier, ce qui rend son étude fonctionnelle particulièrement délicate. Pour contourner cette difficulté, les chercheurs de l’iBEB et de l’INRA ont analysé les différents génomes d’archae séquencés à ce jour. Ils ont ainsi trouvé, chez Methanothermobacter thermautotrophicus, un gène codant pour une enzyme NAS très proche de celle des plantes et sont parvenus à la purifier et à déterminer sa structure tridimensionnelle. Cette enzyme d’archae est capable de synthétiser un composé très proche de la nicotianamine des plantes, la thermo-nicotianamine. Bien qu’inconnues à ce jour, les propriétés de fixation des métaux de cette nouvelle molécule pourraient s’avérer prometteuses pour des applications biotechnologiques.  

Afin d’aller plus loin dans la compréhension des mécanismes d’action de la NAS, grâce à la détermination des structures tridimensionnelles de l’enzyme à plusieurs étapes de la réaction, les chercheurs ont observé pas à pas la fabrication de NA, qui se fait par association de 3 molécules d’un substrat : la S-adenosylmethionine. L’étude des cinq structures tridimensionnelles obtenues a permis d’entrer au cœur du fonctionnement de cette protéine : le site actif, ou lieu de la réaction, est enfoui dans une cavité au centre de l’enzyme dont l’ouverture ne permet l’accès que d’une seule molécule de substrat à la fois. Ainsi le premier substrat entre dans la cavité et se fixe sur un premier site situé à l’entrée. Lorsque la deuxième molécule de substrat entre à son tour, elle va déplacer la première vers un second site de fixation plus enfoui, permettant la formation d’une liaison entre ces deux molécules. De la même façon, l’entrée de la troisième molécule de substrat va entraîner le déplacement du duo déjà formé au fond de la cavité et permettre ainsi l’association finale des trois molécules. La réaction de polymérisation s’arrête ensuite, faute de place dans le site actif.

Ces résultats lèvent un voile sur le mécanisme jusque là inconnu de synthèse de la nicotiamine chez les plantes et pourraient permettre une optimisation de la synthèse de capteurs biologiques de métaux lourds. L’utilisation de plantes pour réhabiliter des environnements pollués est un domaine en pleine expansion. Il constitue en effet une solution écologique et sûre à la problématique environnementale posée par ces métaux."

Source : INRA (03/09/2009)

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cellules souches sans virus 04/03/2009

Publié dans #info science

'Une nouvelle méthode développée par deux équipes différentes permet de transformer des cellules adultes en cellules souches sans utiliser de virus.'


'Depuis quelques années les scientifiques sont capables de fabriquer des cellules souches pluripotentes à partir de cellules adultes, notamment de peau. Ils utilisent pour cela des gènes spécifiques introduits dans les chromosomes des cellules à transformer grâce à des rétrovirus. 

Les cellules ainsi obtenues sont appelées cellules pluripotentes induites (CPi). Elles ont les même caractéristiques que les cellules souches embryonnaires (CSE), c'est-à-dire qu’elles sont capables sont capables de donner naissance aux trois feuillets embryonnaires primaires à l’origine de la formation de tous les organes du corps. Des CPi cultivées, sous certaines conditions, ont même formé des neurones et des cellules musculaires cardiaques qui se sont mises à battre au bout d’une dizaine de jours. Elles possèdent donc une grande partie des qualités des cellules souches embryonnaires et cette technique présente en outre le gros avantage de ne pas nécessiter d’embryons, donc de s’affranchir de tous les problèmes éthiques que cela pose. 

Malheureusement ces CPi présentent des risques. Transplantées chez des souris, elles ont déclenché l’apparition de tumeurs. En effet, les rétrovirus employés peuvent perturber le système de régulation de la cellule voire même stimuler certains gènes déclenchant la prolifération cellulaire. De plus, les gènes utilisés pour la reprogrammation peuvent également être à l’origine d’un processus cancéreux. Ce qui fait que pour le moment tout essai de thérapie génique utilisant des cellules souches obtenues par ce biais est exclu. 

Deux équipes différentes ont peut-être résolu ce problème en découvrant une méthode pour obtenir des cellules pluripotentes induites, sans utiliser de virus, à l’aide d’une sorte de « post-it » génétique permettant d’introduire les gènes dans la cellule mais aussi de les extraire spécifiquement une fois que la transformation est enclenchée. Cette technique, développée conjointement par des chercheurs de l'hôpital du Mont Sinaï de Toronto et de l’université d’Edimbourg, fait appel à un «élément transposable» connue sous le nom de PIGGYBAC extrait de l’ADN de certains insectes tels les papillons. 

SI les résultats publiés par les deux groupes de recherche dans la revue Nature sont confirmés par la suite, cette découverte constituera une étape importante dans l’essor des thérapies géniques. La recherche d'une nouvelle source de CSE représente en effet l'un des Graal de la biologie moderne. Leur production et leur maîtrise constitueraient en effet une nouvelle option thérapeutique. Du traitement du diabète à la restauration de la moelle épinière chez les accidentés, la médecine attend beaucoup de la thérapie cellulaire.'

Source : J.I. Science-et-avenir.com du 04/09/2009

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